Fiche du film : Réalisateur : Chuck Russell Scénaristes : Chuck Russell et Frank Darabont Année : 1988 Genre : Science-fiction / Horreur Acteurs principaux : Shawnee Smith, Kevin Dillon, Donovan Leitch Résumé : Un SDF va à l'endroit où il a vu une météorite attérir, et se fait attaquer par son contenu. Ce qui a rongé sa main finit par s'en prendre au reste de son corps, grandit, puis s'en va pour aller se nourrir d'autres victimes.
Mon avis : "Le Blob", rien que le nom sonne bien. Le premier film, avec Steve McQueen, a eu une suite et ce remake, et on y fait référence dans les Simpsons et Horribilis, ce qui prouve une certaine popularité du monstre gélatineux. Mais si j'avais envie de voir ce film, c'est juste parce que l'idée d'une créature gluante géante et rose qui engloutit les gens me semblait formidable. Et j'ai préféré voir cette version, sans même l'original apparemment mauvais avant. En plus, ce Blob de 1988 nous vient du réalisateur de Freddy 3, un des plus funs de la saga, et The Mask. Je ne le savais pas, mais il y a aussi Frank Darabont au scénario, ça ne pouvait donc pas être mauvais (oui, bon, Walking dead, certes...)
Le film adopte un air rétro qui fait penser qu'il se déroule à la même époque que son prédécesseur, sorti en 1958. Et comme ce dernier, d'après ce que j'en ai vu, il y a toute une imagerie de la culture américaine qui est employée, avec la petite ville, son café, son sheriff du coin, ses ados qui sont joueurs de football ou pom-pom girls, et le jeune voyou qui se tient à part. Ce sont des figures des USA, on pourrait éventuellement penser à American graffiti au début, et d'ailleurs la première partie fait surtout penser à un teen movie de par les gags comme le type qui s'évanouit ou le quiproquo avec les préservatifs ; ce qui est très drôle par ailleurs. Mais ces éléments correspondent aussi à ce qu'on voit dans tant de films d'horreurs Américains. Je m'imaginais déjà le sheriff dépassé par les évènements, le voyou mourir éventuellement, mais le couple formé par le joueur de foot (qui porte toujours son blouson de l'université, évidemment) et la cheerleader triompher face à la menace. Jusque là, tout ce qui changeait un peu de d'habitude, c'est le personnage du clochard. Mais du film d'horreur classique où des ados affrontent un grand danger, on doit retrouver les parents qui ne veulent pas les croire et se bornent à répondre "you're home, you're safe, that's all that matters" quand on leur demande s'ils croient à ce qu'on leur raconte, et... c'est à peu près tout.
Les deux ados qui sont les personnages principaux au début, ils correspondent tellement au cliché du couple de jeunes américains, comme celui dans le film original d'ailleurs, qu'on se dit qu'il ne leur arrivera absolument rien et qu'ils vont venir à bout de cette menace issue de l'espace. Quand le Blob tombe sur l'un d'eux, et que ça coupe de sorte à ce qu'on n'entende que le cri, on se dit que le personnage a réussi à s'échapper au dernier moment, comme toujours. Eh bien non. Par contre plus tard il y a une personne qu'on s'attend à voir être épargnée, et qui l'est, au dernier moment, quelqu'un d'autre mourant à sa place. On croit donc que le film se remet à suivre les codes habituels du cinéma d'horreur. Mais en fait cette personne meurt juste après. Et un de ses amis aussi. C'est peut être passé inaperçu pour la plupart des gens, mais pour ceux habitués à ce genre de films, c'est un régal. D'autres situations classiques sont détournées, quand la fille ne fuit pas avec son ami hors du van par exemple, etc...
Même si le film reprend l'idée "sex = death", c'est fait avec une grande originalité pour donner des situations jamais vues. Après le fameux coup du garçon qui emmène la fille dans un coin isolé, essayant de la draguer dans sa voiture, j'ai été amusé de voir un autre couple qui s'embrasse, bien tard dans le film. Le plus drôle, c'est qu'ils s'inquiètent d'un type découpant une haie, qu'ils soupçonnent d'être un voyeur, ce qui pourrait très bien être une menace dans un autre film, mais ici on sait que le danger vient d'ailleurs. Quand on découvre qu'il s'agit d'une mise en abyme d'un film dans un film, ça m'est apparu clairement : Le Blob est une parodie du cinéma d'horreur, mais assez subtile pour ne pas que le laisser voir d'emblée. Il faut remarquer le rapport, toujours comique, que présente ce film au genre auquel il appartient : les cris de la salle couvrent ceux réels, et plus tôt une mère disait à son fils qu'elle ne voulait pas qu'il aille au cinéma voir "that kind of trash". Et pourtant, il y a certains éléments typiques auxquels Le Blob n'arrive pas à échapper. Premièrement le pay-off prévisible à cause d'un set-up trop flagrant, et deuxièmement le fait qu'on ne tue pas les enfants dans les 80's. Eh oui, si même Jason à l'époque ne pouvait... oh, non, excusez-moi, oubliez ce que je viens de dire, en fait la mort n'est que reportée pour plus tard, afin de mieux surprendre.
"S'ils le tuent", me suis-je dit, "j'applaudis". Et ils l'ont fait, ces fous ! Et j'ai applaudi, comme au début, lors des morts imprévisibles. Chuck Russell et Frank Darabont n'ont pas réalisé ou écrit tant de films d'horreur, mais ils ont dû en consommer pas mal, car ils savent ce qu'on veut voir, faisant éclater les tabous pour faire vraiment plaisir. C'est comme cette scène avec le grand méchant, je voulais le voir se faire tuer depuis l'intérieur de sa combinaison avant qu'il ne tombe dans les égouts, et je l'ai vu. C'est magique. Bon, en réalité je n'ai retenu que deux clichés de films qui se sont retrouvés dans celui-ci : le héros qui finit par réussir ce qu'il avait échoué précédemment, et les membres du gouvernement qui sont les vrais vilains. Mais dans ce dernier cas, c'est tellement amusant que ce n'était pas grave ; ils tiennent plus à leur expérience qu'à la vie humaine, que ce soit celle des autres ou la leur. Un des hommes suit l'ordre de son supérieur de ne pas tirer sur le Blob... bah il n’aurait pas dû.
C'est dingue, mais avec tout ça j'en aurais presque oublié ce qui m'a attiré en premier lieu vers ce film : le Blob ! C'est encore mieux que ce que j'espérais, car il ne se contente pas d'avaler tous les humains qu'il touche, il les fait fondre en même temps, et c'est magnifique. Les humains souffrent affreusement, et même sans compter sur l'acidité du Blob, ce qu'il leur fait subir avec ses tentacules ou sa masse est formidable, donnant lieu à des décès plus originaux et douloureux qu'on pourrait le penser. Certains effets spéciaux ont vieilli, c'est le cas avec la comète qui s'écrase un peu au ralenti et les plans où les acteurs sont découpés et le Blob rajouté au fond à la place d'un écran bleu, mais la plupart du temps ils sont restés suffisamment impressionnants.
J'ai repensé à Horribilis de James Gunn vers la fin, et c'est bizarre qu'en s'inspirant autant du film de Chuck Russell, il en ait fait un autre bien plus classique. En tout cas The Blob est génial, j'étais venu pour voir des gens se faire absorber par un monstre, et j'ai eu bien plus que ce que je pouvais imaginer.
Vous ne pouvez pas publier de nouveaux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas insérer de pièces jointes dans ce forum