
Je viens juste de voir ce film, jeudi soir, sur les chaînes hertziennes.
J'en avais beaucoup entendu parler lors de sa sortie, comme étant un beau film, touchant, souvent douloureux et il est vrai qu'il ne m'a pas laissé insensible.
C'est un film tourné par Clint Eastwood, dans lequel il joue le rôle d'un entraîneur de boxe âgé, solitaire, exigeant et qui va prendre en charge une jeune femme décidée à devenir une grande boxeuse. Le film est fait de telle manière que c'est la voix off de Morgan Freeman qui commente et raconte cette histoire, cette rencontre entre deux êtres solitaires, parce qu'en tant que homme à tout faire dans la salle de boxe (ménage, soigneur parfois) il cotoie évidemment les deux protagonistes.
Regard sur la vie, les brisures qu'elle impose, au sens propre comme au sens figuré, sur les relations familiales complexes, sur le dépassement de soi (pour aller où finalement ?).
Maggie, la boxeuse qui vient de nulle part et tente de se construire par l'intermédiaire de Franckie (Eastwood) semble en permanence attendre la reconnaissance de la part de sa mère et du reste de sa famille (frère et soeur aussi insipides que méchants).
Les coups qu'elle prend dans la gueule, c'est pour mieux se forger une identité, peut être éprouver une réelle sensation de vie, de liberté qu'elle ne peut jusqu'alors trouver dans son quotidien (serveuse dans un restaurant) ni dans son passé carencé.
Lorsqu'elle rencontre la gloire, c'est immédiatement pour tenter de (re)nouer quelque chose avec sa mère. Première grande désillusion. Ne parlons pas des dernières retrouvailles familiales, que Clint sent venir sur un versant poisseux, et où Maggie l'enverra d'abord promener ("ça ne vous regarde pas") avant d'ouvrir les yeux sur la vénalité familiale.
Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il m'a tiré les larmes, mais j'ai trouvé ce film sur la boxe très bien foutu dans son approche des relations humaines et sur l'avènement d'une grande championne.
Bien mieux que Rocky à mes yeux, peut être parce que le corps de Maggie me fait finalement plus fantasmer que celui de Stallone (même dans ses belles années), mais allez savoir pourquoi...