Fiche du film :
Réalisateur et scénariste : Georges Andrew Romero
Année : 2009
Genre : Horreur / Drame / Comédie
Acteurs principaux : Alan Van Sprang, Katleen Munroe, Matt Birman
Mon avis :
Je m'étais procuré le film pour le revoir, et c'est ce que je viens de faire, car je ne l'avais pas bien vu correctement la dernière fois. Je crois que c'était une de ces soirées où j'avais mis le film sur un ordinateur, tandis que je faisais autre chose sur internet.
De plus il fallait un avis plus détaillé, et peut être un regard plus critique maintenant que j'ai entrevu les messages politiques dans les autres films de Romero. Bon finalement j'ai pas pensé à ça, de toute façon on ne le fait jamais, ce n'est qu'en cherchant bien qu'on trouve quel message attribuer à un film, mais tant pis, je m'en fiche, je l'ai revu et je peux quoiqu'il en soit offrir un meilleur avis.
Je ne me suis pas trop renseigné, mais je crois bien que Romero est revenu à un moindre budget pour ce film, qui s'est fait hors des grands studios. Ca se voit directement, dès la première scène, avec ces CGI pourris. Vers la fin on revoit quelques effets traditionnels pour un décrânage (oui, je viens d'inventer le mot) et quelqu'un arraché en deux, mais le reste du temps il me semble qu'on n'a que des effets numériques, dont certains bien fichus, comme ces impacts de balles avec effusions de sang qui à mon avis ont été fait par ordinateur mais font illusion, mais la plupart sont nazes. Je ne peux pas trouver d'excuse pour cette scène où des crânes plantés sur des pieus sont mal incrustés à cause d'une colorimétrie différente par rapport à l'environnement, mais pour la tête qui explose dans la première scène par exemple, il y a clairement une volonté de faire dans le gagesque. Oui, car quand le type se fait tirer dans la caboche, le haut de son crâne retombe sur son cou... c'est moche, mais au moins on sait que c'est fait exprès.
A mon avis il y a deux explications à ces mises à morts regrettables : premièrement Romero recherche de nouvelles façons originales de tuer des zombies, mais du coup quand on voit les personnages se casser la tête à utiliser un objet de manière complètement innaturelle alors qu'ils pourraient juste tirer une balle, ça en devient débile. On peut prendre pour exemple le type qui asperge le contenu d'un extincteur dans la tête d'un zombie (et l'effet spécial est bien raté), ou l'autre qui tire une fusée de détresse sur sa cible.
Bon par contre, du côté des vivants, les massacres par les morts-vivants sont plus agréables, car moins stupides, réellement originaux par certaines situations, et il y a des effets spéciaux à l'ancienne !
Secondement, Romero a eu la curieuse idée de faire de l'humour, avec cette histoire du crâne, mais aussi un mec qui pêche les zombies, un d'entre eux qui saisit une bombe, et puis un manque d'égard total envers les gens qui meurent comme si la vie humaine avait perdu tant d'importance que ça en devenait drôle, même pour les personnages du film. D'un autre côté, il y a un trop grand irrespect pour la vie humaine dans ce film, on dirait que tout le monde peut se tirer dessus sans problèmes (à part des problèmes pour ceux qui ne savent pas viser, et ils sont nombreux), mais la comédie est quand même complètement hors de propos dans ce film, surtout qu'il y a de vraies scènes de drame. Par ailleurs, un autre élément qui me fait penser une fois encore que la série Walking dead est pourrie, c'est que même dans un film médiocre comme Survival of the dead, j'ai été touché quand quelqu'un mourait.
Je ne sais pas ce que Romero a voulu faire, entre les effets spéciaux qui nous disent qu'on se fout du réalisme et l'attitude des personnages qui le confirment, le point d'orgue étant certainement la militaire lesbienne qui se masturbe en public, des scènes sérieusement dramatiques, et d'autres qui virent carrément au cartoon (une bombe explose, et les méchants sont juste enduits de poussière noire !), je ne comprends vraiment pas les intentions du réalisateur.
Un peu comme ce zombie qui se fait mordre les doigts, le légendaire George A. Romero, ou Dieu pour les fans d'undead, a perdu la main. Déjà que certains disaient de Diary of the dead que c'était de la merde, alors que je l'avais trouvé sympa, je n'ose pas imaginer leur réaction avec ce Survival of the dead. A noter que les deux sont dans la même diégèse, puisqu'on retrouve un même personnage de militaire dans les deux, mais par contre je ne sais toujours pas si ce nouveau cycle entre en adéquation ou non avec celui original, puisqu'à l'époque précédant Diary of the dead, il était dit que ça se passait en même temps que La nuit des morts-vivants ; apparemment ça n'a pas changé, mais je comprends pas non plus comment les deux peuvent coïncider vu la différence d'époque... enfin bon.
Il y a quand même de bonnes idées, ou qui auraient pu être bonnes, dans ce Survival of the dead, il y a déjà ce redneck qui veut conserver les morts, rien d'original jusque là, mais la raison qui est donnée est déjà plus intéressante, puisqu'il perpétue la tradition qui veut qu'on "conserve" les morts en vie, et auparavant c'était en prenant des photos des décédés (ceux qui ont vu ce film d'horreur ennuyeux nommé "Les autres" savent que c'est vrai).
Il y a ensuite l'idée de nourrir les zombies avec autre chose que des humains, ce qui aurait pu donner quelque chose de bien, mais la réponse à la question que Romero pose désormais est assez mal amenée : je ne vois pas pourquoi tout d'un coup la zombie sélectionnée décide de manger le cheval.
C'est sûr, Romero n'est définitivement plus ce qu'il était, même pour Land of the dead on pouvait dire qu'il était encore bon malgré plusieurs défauts dans son film, mais avec Survival of the dead il a bien raté son coup, je ne sais pas ce qui s'est passé. J'ai l'impression que tous les grands réalisateurs d'horreur de la fin du siècle précédent ont dégringolé, que ce soit John Carpenter, Dario Argento, Tobe Hooper, ou même Cronenberg (quoique pour lui je ne serais pas aussi affirmatif).
Je ne pense pas que le problème vienne des zombies, on peut toujours en tirer quelque chose de bon, je ne sais pas... je ne sais pas ce qui s'est passé, ni ce qui lui est passé par la tête tout simplement.
Je ne crache pas non plus trop fort sur ce Survival of the dead, car il n'est pas si terrible, et j'ai été diverti malgré tout. Et je suis peut être trop gentil avec Romero.